Islande, 2005-2006
Cette série d’images relate un quotidien dans une société dans laquelle le rapport aux corps se vit différemment du nôtre...
La représentation du corps nu est un miroir psychologique, philosophique, esthétique d’une société. Constamment renouvelée tout au long de l’histoire de l’art, elle propose une définition sensible de l’être humain. Aujourd’hui, la représentation de la femme est avant tout celle des magazines, lisse et modelée selon des critères de beauté biaisés. Le corps n’est pas montré dans sa trajectoire de vie. Pourtant, ce sont les préoccupations quotidiennes de la femme face à son corps qui construisent son identité.Assumer son corps est primordial. C’est l’enjeu d’un équilibre mental. Alors pourquoi n’acceptons-nous pas dans notre société la vue des corps, sans jugement, sans comparaison ? Pourquoi se cache-t-on derrière le masque de la pudeur pour fuir la nudité ?
La pudeur n’est-elle pas avant tout une question de regard ?
Dans le hammam, les femmes se retrouvent nues pour partager un moment entre elles. A contrario, en Islande, elles se croisent et se lavent dans les vestiaires, avant d’entrer dans la piscine, où elles seront en maillot de bain. Ces petits instants partagés sans même se regarder, sont naturels et quotidiens. Il n’y a pas de gêne face à la nudité de l’autre. On est dans une acception naturelle du corps face au temps.
"Cela fait partie de notre culture. Moi-même, j’emmène mes petits-enfants à la piscine une fois par semaine, ils voient mon corps nu tout abîmé, vieilli par le temps, mais au moins ils ne se leurrent pas sur leur devenir..."
C.E., une modèle.